Assis !

 

 

J o u r n a l

 

 

 

 

 

Salut,

 

Nous organisons un concours de fabrication de chaises et un appel à s'exprimer ; deux faces d'un même projet qui lie la fabrication d'un prototype à une réflexion critique sur l'architecture.

Ceci est un appel à collaboration. Vous êtes invité dès maintenant, et tout le long du concours, à vous exprimer.

 

 

Faire un journal est une faillite, le mot s'est éparpillé, alors exprimez-vous comme vous êtes. Brut ou bien léché crachez dans la soupe et signez sous pseudonyme si besoin.

 

Nous ne cherchons pas l'abstraction intellectuelle d'une pensée structurée, bien écrite, mais l'expression sauvage et aléatoire du bouillonnement de vos cerveaux.

 

 

Voila les trois fils de la trame sur laquelle nous vous invitons à broder :

 

 

La pédagogie du pied de biche

 

Habitué des amphithéâtre et des monologues du sachant, l'élève a été conditionné depuis des années à rester le cul sur sa chaise. Cette pédagogie a toute sa valeur, mais il en est une autre qui nous touche ici : la pédagogie du pied de biche.

 

Utiliser ses mains pour construire est un autre apprentissage. Nous voulons mettre en avant cette capacité à comprendre, rechercher et innover par le prototype, la manipulation. En s'asseyant sur notre chaise, on comprend mieux les efforts qui la plient, les assemblages nécessaires. En courbant du noisetier, on en imagine mieux les possibilités. On soupèse, on palpe, on assemble, on essaye.

 

D'une manière plus large, ce travail rejoint celui du chantier et des relations avec les entreprises : la fabrication réelle de l'architecture, l'importance du détail, les réglages du dernier moment.

 

Les études, aussi complètes soient-elles, n'aborde que peu la profession en tant que telle, et qui sait construire avec un diplôme d'architecte ?! Le travail de Jean Prouvé et l'expérience de l'usine de Maxéville seront présentés ici.

 

 

La pédagogie du réel

 

La manipulation des matières et des objets en permet une compréhension sensible. Sans rentrer dans des discours phénoménologique, nous croyons à l'importance de se confronter aux textures, aux couleurs, à la façon dont le bois vieilli, aux changements d'aspects sous la la pluie. Michel-Ange pensait sa statue assis en face d'un grand bloc de marbre brut. Paradoxalement, la matérialité constitue tout un discours en architecture.

 

On connait la proximité du jeune Mies avec les matériaux nobles de son père, sculpteur de pierre tombale. Zumthor lui a une formation d'ébéniste avant de devenir architecte. Nous voulons présenter un de ses textes : sa façon de parler des atmosphères et des matières, d'expliquer que l'architecture de papier ne sera jamais de l'architecture.

 

 

L'appentissage de la débrouille

 

Il existe une innovation qui naît du peu de moyen. Il y a un véritable savoir-faire dans l'auto-construction, une intelligence stratégique dans les bidons-ville. Nous pensons inévitable cette confrontation avec la débrouille et l'intelligence du bricolage, cette remise en cause de notre consommation de l'espace. Paris en particulier dégueule tellement de matériaux par overdose de consommation, profitons en. Les réflexions et bâtiments de Patrick Bouchain sont pour nous un exemple remarquable dans ce sens.

 

Nous pensons que faire une chaise peut participer d'une réflexion politique, mais pas pour autant politisé, non seulement dans les moyens mis-en-oeuvre mais égalemment comme outil pour habiter. Et si l'on meublait l'espace public et les terrains vagues ? Et si l'on lâchait 100 000 chaises dans Paris, transposant l'expérience du jardin du Luxembourg à la ville entière ?

 

 

On le répète : pas la peine de se prendre au sérieux ici. Chacun est invité à présenter son propres travail s'il présente un lien avec ces trois grand chantiers.

 

Vous pouvez envoyer tout ce que vous voulez, dont des critiques et commentaires du projet à :

 

atelier.polyedre@gmail.com

 

 

Bisous

Polyedre